Le corps de ferme retrouve son âme : visite d’une rénovation

Corps de ferme rénovation


Dans les Monts d’Or, près de Lyon, un corps de ferme du XVIIe siècle s’est vu redessiné de pied en cap pour offrir à ses habitants un cadre hors du temps. Fruit d’un dessein architectural attentif à ne pas dénaturer le lieu, la transformation a su ajouter à une âme, un charme apaisant.

Dès leur première visite, les propriétaires ont perçu le potentiel qu’offrait cette vieille ferme. En dépit d’un état général qui aurait pu les dissuader, le caractère authentique, la pierre locale et plus encore, la cour intérieure (mi-béton mi-terre battue), ont déclenché le coup de cœur.
Le projet est confié à l’agence Architys, spécialisée dans la rénovation de bâtisses anciennes. Agnès Borel du Bez, styliste reconvertie afin d’exercer sa passion pour l’architecture et le design, redessine environnement et distribution des bâtiments. Philippe Borel du Bez orchestre quant à lui, les travaux, dès les plans validés par les propriétaires.

Frappé d’un dénivelé de quatre mètres, le terrain a été radicalement aplani. Le jardin a été parsemé de cyprès, buis, rosier grimpant,vigne vierge, figuier, olivier ; des choix visant à sculpter un ensemble graphique, à la fois sauvage et maîtrisé. Piscine conçue comme un bassin avec une eau couleur rivière, pool house dans une serre, terrasse extérieure conçue également par Agnès, bâtie par le maçon du village, et ferronnerie d’art (que l’on retrouvera tout au long de la visite), parachèvent un environnement équilibré, aux accents presque méridionaux.

Authenticité modernisée

A l’intérieur, le parti pris a été de conserver ou de faire renaître ce qui pouvait être retravaillé. Le salon correspond à ce qui semblait être autrefois l’unique pièce habitée. Le parquet a été poncé et teinté. Authentique et de belle facture, le plafond a également été conservé pour le cachet qu’il confère à la pièce. Les murs ont été rénovés, doublés et le placo peint en blanc. Pour renforcer l’ambiance chaleureuse de cet espace, une cheminée de pierre style Renaissance a été rapportée.

Entre cuisine et salle à manger, pour privilégier la circulation de la lumière et des occupants, l’ouverture est de mise. En cuisine, le gris s’impose. Faite avec des dalles récupérées dans une église restaurée, l’estrade apporte une note pierre naturelle. Les portes des éléments arborent l’inox. Le plan de travail est en béton massif, coulé en atelier. Les pans verticaux, crédence et bar, sont habillés de béton ciré. Le parquet est en chêne massif huilé.

Le choc des époques

Le décor de la salle à manger regorge de subtilités. Les styles et genres se mêlent et s’unissent pour composer une ambiance chic et simple, pleine de clins d’œil. Couverts démesurés inspirés de l’argenterie ont été peints sur le mur du coin repas. Au pied de ce mur, faisant office de plinthe, on remarque une frise en fonte telle que l’on trouvait autrefois sur certaines façades d’immeubles lyonnais. à l’étage, les pièces ont été redistribuées. Une chambre et une autre plus petite ont été revisitées pour créer une suite parentale. Le parquet des pièces a bénéficié d’une belle rénovation : ponçage et teinte ont redonné une nouvelle jeunesse et beaucoup d’allure au plancher.

Une ouverture entre la chambre et le dressing a été effectuée ; ainsi la luminosité des pièces valorise leurs atouts et l’originalité de leur forme. La cloison qui sépare la tête de lit et le dressing est percée. Un simple store vénitien permet de s’isoler des regards et de jouer avec la lumière à l’envi. Les pièces d’eau ont dû être intégralement recréées. Jeu de couleurs et effets de lumière au travers de matériaux multiples et distincts : verre, céramique, marbre, bois… Ici, la fonctionnalité épouse un esthétisme épuré et personnalisé. Un mariage parfait.

ESSENTIELLE
La cour intérieure a été traitée comme une pièce de vie. L’ouverture voûtée d’origine – partiellement refaite – se pare d’une baie (by Agnès) réalisée par le ferronnier d’art local.

MIX AND MATCH
Pierre, lin, verre, métal, matières et matériaux coexistent avec raffinement. Table métallique réalisée par le ferronnier. Le lustre à pampilles semi-contemporain a été déniché sur le Salon Maison & Objet.

SENS DU DETAIL
Les luminaires jouent un rôle prépondérant. On aime particulièrement la lampe posée sur le plan de travail, une pièce unique. Les interrupteurs inox (Meljac) marquent l’exigence d’un projet abouti.

LE GOUT DU BEAU
La table métal (Cape Table de Gregor Jenkin) se distingue par ses pieds travaillés. Au chapitre chaises, la sélection réunit Tolix et l’incontournable DSW de Charles Eames.

DOUCES RONDEURS
La porte en bois entre salle à manger et salon se pare de ferronnerie. On aime la douceur des arrondis, jusqu’autour de la poignée. Eames apporte une note de couleur via la chaise à bascule RAR.

SAVAMMENT MARIÉS
Le patchwork de carreaux de ciment, avec quelques pointes de rouge, apporte une certaine intemporalité à cette pièce d’eau. Touche « indus’ » avec Pipe, le robinet intégré signé Marcel Wanders pour Boffi.

PLEIN FEU SUR LA LUMIERE
La pièce maîtresse de cette chambre est la suspension Zettel’z 5 d’Ingo Maurer, pour coucher ses pensées sur feuillets de papier japonais. Sur le mur, les rosaces donnent style et relief.

BIEN AGENCÉ
Dans le dressing, les portes de placards sont issues de la récup’, restaurées et peintes en noir, en accord avec le bois des fenêtres et l’îlot central.

Caroline Lavergne

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