Maudit Salaud : à la recherche du temps présent

Maudit-Salaud


Quand le masque tombe, l’impertinent Maudit Salaud dévoile un photographe mû par une sensibilité à fleur de peau.

Il l’avoue sans complexe. Adrien n’a pas étudié les bases de la photographie. Il les a acquises sur le tas et sur le tard, il y a trois ans à peine. L’Annécien a aujourd’hui 26 ans. Il débute la photo pour pallier une mémoire défaillante. Son appareil l’aide à se remémorer les instants précieux de sa vie. Et le fait se sentir libre. Cette liberté l’incite à parcourir les rues en quête de moments qu’il veut graver pour l’éternité. Il entend « figer l’éphémère, l’instant qui ne se reproduira plus ». Adrien l’autodidacte apprend vite. Pentax Ricoh le nomme photographe officiel de la marque en 2014.

Nuances de gris

Il suit « un parcours photographique de la réalité », dit-il. Ses clichés résultent d’une collision de sentiments : du tragique poussé à l’extrême, frôlant parfois la démence, une dose de romantisme, des pensées provocantes, un caractère autodestructeur. Et un savoir-faire intuitif.

Car Adrien est amoureux de la composition parfaite. Dans son cadre, rien n’est laissé au hasard. Ce fameux hasard qui l’a fait naître le même jour qu’un certain Robert Doisneau. « Avec le noir et blanc, j’ai l’intime certitude d’être en prise directe avec la réalité et de la retranscrire avec une sensibilité exacerbée, confie-t-il. A quoi bon avoir une profondeur de champs sans profondeur de sentiments… »

www.mauditsalaud.com

A voir : Maudit Salaud expose sa série Mal&Diction, les apparences du hasard, jusqu’au 7 janvier 2016. Jardin Privé immobilier, 580 rue Saint-Bernard à Menthon-Saint-Bernard

Louise Raffin-Luxembourg

 

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